Happy birthday!

Les enfants sont ravis lorsqu’ils voient notre campeur pour la première fois. “Wahou, il est vraiment super cool ! Géniales les couleurs”. Notre agence de location (Escape) a peint chaque van avec design unique et coloré. Nous en avions déjà vu sur la Côte Ouest et avons décidé d’en réserver un pour les deux semaines sur la Côte Est. Il est beaucoup plus petit que le camping-car que nous avions dans l’ouest, mais beaucoup plus maniable. Beaucoup plus pratique à New York. Les enfants dorment dans un roof sleeper. Une couchette sur le toit à laquelle ils accèdent en montant à l’échelle tous les soirs. Le bus attire l’attention partout où nous allons et plusieurs fois par jour, nous recevons des compliments de la part de passants : ‘Super fourgon, j’adorre! bye!”. Et nous, pousse en l’’air, “Merci mais il n’est pas à nous. C’est une location”.

Après mûre réflexion, nous avons renoncé au Canada. Le voyage de Seattle à Montréal était compliqué sur le plan organisationnel et coûteux. D’autant plus que nous devions ensuite revenir sur New York prendre l’avion pour l’Afrique du Sud. Ça signifiait traverser la frontière deux fois, avec tous les tests PCR, procédures et formulaires nécessaires. Nous avons préféré rester plus longtemps en Amérique.

Le nord-est de l’Amérique, la Nouvelle-Angleterre, a également de belles choses à offrir. En une semaine et demie nous voyageons de New York le long de la côte jusqu’à Boston en passant par les États du Connecticut, de Rhode Island et du Massachusetts. De Boston, nous allons ensuite vers le nord-ouest en passant par le New Hampshire jusqu’au Vermont.

Nous sommes dans le berceau de l’Amérique moderne. En 1620, les premiers pèlerins venus d’Europe ont débarqué ici, avant de se répandre dans toute l’Amérique au cours des siècles suivants. Les premiers États américains ont été créés ici avant la signature de la déclaration d’indépendance en 1776. Et lorsque la migration en provenance d’Europe a vraiment pris son essor à la fin du XIXe siècle, New York est devenue la porte d’entrée du nouveau continent avec ses paquebots à vapeur amarrés aux docks de Manhattan. 

Nous visitons Ellis Island et trouvons après quelques clics, des ancêtres arrivés ici il y a plus de 100 ans à la recherche d’un nouvel avenir en provenance de Brest ou du Nord de l’Europe. D’ailleurs, tout le monde n’a pas été admis. Ceux qui ne pouvaient pas démontrer qu’ils avaient des membres de leur famille ou des ressources financières suffisantes, ou les personnes qui étaient physiquement ou mentalement incapables de se débrouiller seules – c’est à dire, de contribuer à l’économie américaine – et qui se retrouveraient donc à l’aide sociale, étaient renvoyées. On peut déjà y voir les pierres angulaires de la société américaine d’aujourd’hui. L’idée conservatrice selon laquelle l’individu est responsable de son propre avenir. 

Le symbole de cette nouvelle vie est la Statue de la Liberté que nous visitons dès notre arrivée à New York à la demande très insistante des enfants. Même à 7 et 10 ans la statue est dejà un symbole, impressionnante sur son île au large de Manhattan. Incarnation de la liberté, d’égalité et d’amitié, c’est un cadeau du peuple français au peuple américain qui venait juste d’abolir l’esclavage. “The Statue of Liberty Enlightening the World’’ (La liberté éclairant le monde). L’architecte français, Auguste Bertholdi, a mis 15 ans pour imaginer et construire la statue. Les panneaux en cuivre ont été transportés par bateau de Paris jusqu’en Amérique pour y être montés. La structure interne qui devait supporter la statue a été développée par Gustave Eiffel. En 1886, elle prend place dans le port de New York sur son île, regardant vers l’est sa petite soeur. Elles se regardent d’un côté à l’autre de l’Atlantique. Les enfants collectent à nouveau un badge de ranger car l’île est aussi un parc national et beaucoup de classes d’écoliers nous accompagnent dans notre visite. Nous parlons également avec des américains qui se sont levés au aurore pour visiter ce symbole de leur histoire.

Les jours qui suivent, le long de la côte, au nord, il est difficile de ne pas remarquer les noms de lieux qui témoignent du lien direct de ces États avec l’Europe. Greenwich, Essex, New London. À Plymouth. Ils sont partis d’Europe sachant qu’ils ne reverraient probablement jamais leurs villes et ont repris ces noms peut-être comme un témoignage de cette nouvelle vie à construire et de ceux qui leur manquaient. A Plymouth, nous parcourons le Pilgrim Trail et montons à bord du Mayflower II, une réplique du navire qui a traversé l’océan depuis l’Angleterre en 1620 et a jeté l’ancre pour la première fois sur cette côte. Ces pèlerins étaient les premiers ancêtres de nombreux Américains. Au cours de notre promenade, nous croisons nos voisins de camping, deux retraités du Michigan. Elle nous raconte qu’elle a découvert qu’elle est une descendante directe de l’un des pèlerins du Mayflower. Le père de famille est mort lors du premier hiver comme la moitié des pèlerins mais son fils a survécu. Les pèlerins ont décidé d’y établir les premières colonies en raison du climat favorable et de la richesse de la nature. Mais les conditions de vie de ces premières années étaient difficiles et la construction d’une nouvelle existence n’était pas sans danger. Néanmoins, ils ont réussi avec les moyens limités avec lesquels ils étaient venus à terre. Et la graine qu’ils ont semée à Plymouth allait devenir les États-Unis d’Amérique.

Non loin de Plymouth, Boston est devenue le symbole de la liberté près de 200 ans plus tard. C’est de là que jaillit l’étincelle qui allait allumer le feu de la guerre d’indépendance. Le soulèvement des Bostoniens contre les Anglais a commencé en 1773 lorsque ces derniers ont décidé de taxer tous les produits entrant dans les colonies. Les caisses de l’État étaient vides et ils voulaient donc générer des revenus supplémentaires. Mais c’est le contraire qui se produit et les exportations de thé anglais s’effondrent, car les colonies commencent à importer d’autres pays. Dans une tentative de reconquête du marché, les Anglais ont levé la taxe sur le thé anglais. De nombreux importateurs de thé américains ont fait faillite. Les Anglais ont alors envoyé des bateaux remplis de thé à Boston. Les Bostoniens, déguisés en Indiens, attaquent les navires anglais dans le port et jettent tout le thé par-dessus bord. Le Tea Party est né. C’est le début de la lutte américaine pour l’indépendance. 

Nous suivons le Freedom Trail à travers Boston. Nous nous promenons dans le North End, le plus vieux quartier de la ville – aujourd’hui appelé Little Italy – plein de souvenirs et de bâtiments frappants de cette époque, et arrivons enfin dans le quartier de Charleston devant un monument gigantesque, un obélisque de pierre de plus de 100 mètres de haut. Le monument national de Bunker Hill commémore la bataille sur la colline du même nom, au cours de laquelle les indépendantistes de Boston ont infligé pour la première fois des pertes importantes aux Britanniques. Ils ont finalement été vaincus mais le ton était donné. 

Deux jours plus tard, nous sommes à Manchester, dans le Vermont, au pied du parc naturel des Green Mountains. L’État du Vermont est également appelé “Green Mountain State”. L’ensemble de l’État est constitué de montagnes et de collines couvertes de forêts, de larges vallées où coulent des rivières rapides et, partout, de maisons traditionnelles en bois aux couleurs bleu foncé, bordeaux et blanc. L’air est pur et clair et, le soir, on peut sentir l’odeur de la cheminée. 

A Bennington, près de Manchester, nous tombons à nouveau sur un énorme obélisque.  Ce témoin silencieux de la bataille de Bennington se trouve à l’endroit où les Anglais ont été vaincus en 1777 par les Green Mountain Boys, l’armée rebelle frontale de l’État du Vermont. L’armée anglaise a perdu beaucoup d’hommes. Le vent tourne. En Europe, notamment en France, le soutien aux Américains est ouvertement exprimé. Les Anglais ne pourront se remettre de cette bataille. Deux mois plus tard, après une nouvelle défaite anglaise à Saratoga, la bataille est terminée. L’Amérique est indépendante. 

Sur notre propre front, c’est l’anniversaire d’Arthur, notre petit garçon qui a tellement grandi ces derniers mois (et perdu tellement de dents, pendant le voyage !). À Mystic (rendue célèbre par le film Mystic Pizza avec une Julia Roberts encore très jeune), une ville côtière atmosphérique du Connecticut, nous décorons notre camping-car branché avec des guirlandes que nous avons bricolé nous même quand les enfants dormaient. Arthur déballe ses cadeaux, nous mangeons un énorme gâteau d’anniversaire (Arthur : ”Je peux choisir le gâteau moi-même ? Je peux avoir le gâteau aux carottes ?” Nous : ”C’est pas un peu grand ? Arthur : “Non, nous allons juste le manger toute la semaine”) et nous passons l’après-midi à l’aquarium de Mystic. Nous voyons des bélugas pour la première fois et les enfants sont éblouis par le spectacle des otaries. Le soir, nous faisons traditionnellement griller des marshmallows au-dessus de notre feu de camp. Arthur a un merveilleux anniversaire, il s’endort fier ses 8 ans. 

Nous restons dans le Vermont quelques jours de plus, puis nous retournons à New York. Nous y fêtons l’anniversaire d’Anna. Nous traversons Central Park à vélo, nous nous imaginons maîtres espions dans SPYSCAPE, le musée de l’espionnage, et nous terminons la soirée en apothéose au Ellen’s Stardust Diner sur Broadway, où les serveurs chantent les meilleurs tubes musicaux. Elle est emballée. L’ambiance est fantastique et nous chantons à tue-tête Grease, West Side Story, Le Roi Lion et Moulin Rouge. Anna est rayonnante d’une oreille à l’autre. Ce sera une journée inoubliable.

L’Amérique est presque terminée. Nous avons passé deux mois fantastiques et riches en expériences ici. Et surtout, ce n’est pas un mauvais choix pour fêter son anniversaire !

8 et 11 ans ! Hip-hip-hourra pour nos deux petits globetrotterdammers…

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